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Qui est Mimar Sinan ?

Mimar Koca Sinan, le « Grand architecte Sinan », est né le 15 avril 1489 dans le village d'Aghrianos près de la ville de Kayseri en Anatolie, au sein d'une famille d'origine arménienne. Un argument en faveur de ses origines arméniennes est une lettre envoyée à Sélim II en 1573, demandant au sultan d'épargner sa famille dans l'exil général de la communauté arménienne de Kayserie.

Il fait son apprentissage auprès de son père en tant que maçon et charpentier.

Une jeunesse militaire

Dans sa jeunesse, en 1512, en vertu d'un nouveau décret entré en vigueur peu après la montée sur le trône du sultan Sélim 1er Yavuz qui développe le système du « devşirme », instauré par Murat 1er (un système d'enrôlement forcé de jeunes garçons chrétiens, âgés de huit à dix-sept ans environ, convertis à l'Islam et devant une allégeance absolue au sultan, quelle que soit la position à laquelle ils vont accéder), Sinan, bien qu'il soit un peu plus âgé, est amené à Istanbul et enrôlé de force dans l'armée. Il a été reçu dans le « Corps des conscrits », qui forme les soldats pour l'armée. On pense que c'est là qu'il s'est initié à l'art et à la technique de construction des charpentes.

Après une période de formation rigoureuse, il passe de la cavalerie au corps des techniciens, devient ingénieur dans le génie militaire, participe aux nombreuses campagnes de Sélim Ier et de Soliman Ier le Magnifique et commence à construire des ponts et des fortifications.

Il a participé à la « Guerre Sainte » et à la victoire de Çaldiran (1514) sur la dynastie chiite des Perses séfévides, arrivés au pouvoir en 1501. Ce fait d'armes permit l'annexion de l'est de l'Anatolie (Arménie, région de Diyarbakir), puis à l'expédition d'Égypte entre les années 1515-1517, au cours de laquelle les Turcs écrasent les Mamelouks à la bataille de Marj Dabiq près d'Alep, en actuelle Syrie. De retour à Istanbul, il entre dans le prestigieux « Corps des janissaires » (en turc « yeniçeri », qui signifie « nouveau soldat »).

À l'époque de Soliman, après avoir participé à l'expédition de Belgrade en 1521 et à celle de Rhodes en 1526, il obtient le grade d'officier. Après la bataille de Mohács en 1526, il devient le chef des techniciens. Il participera encore à l'expédition de Vienne en 1529, à celle d'Allemagne entre les années 1529-1532 et à celles d'Irak, de Bagdad et de Tabriz entre les années 1532-1535.

Découverte de l'architecture

Ce n'est donc qu'au fil des ans, et en forgeant son expérience sur le terrain, que Sinan est devenu architecte. Ses premiers édifices sont militaires (ponts et fortifications), mais ensuite il dirige la construction de nombreuses mosquées et de divers bâtiments publics.
Parmi les premiers ouvrages civils qu'il a construits, on citera en 1528-1529, le pont Coban Mustafa Pacha, à Svilengrad en Bulgarie, ou encore la mosquée de Hüsrev Pacha (Hüsrev Paşa Camii) d'Alep en Syrie, en 1536-1537.
Pour ses mosquées, Sinan s'inspire souvent de l'architecture de la basilique Saint-Sophie, pour créer des édifices dans lesquels le dôme central semblerait léger et dont les espaces intérieurs seraient baignés de lumière. Il a utilisé des systèmes permettant d'étayer les bâtiments à l'extérieur, afin de garder l'intérieur ouvert. Il a souvent construit ses mosquées comme une partie d'un complexe comprenant des écoles, des bains, une maison d'accueil et un hôpital.
En 1539, après la mort de l'architecte Acem Ali (tr), auteur de la mosquée Yavuz Selim (Yavuz Selim Camii) d'Istanbul (mosquée que Soliman fit construire, sur la cinquième colline et sur les ruines du palais byzantin Bonos, en l’honneur de son père Sélim 1er en 1520-1522) ; Mimar Koca Sinan est nommé « Mimarbasi », chef des architectes impériaux, un poste qu'il conservera sous trois sultans : Soliman le Magnifique, Sélim II et Murad III. Lors de cette nomination, il n'était déjà plus tout jeune (cinquante ans), mais il lui restera encore une cinquantaine d'années d'aventures créatrices qui conduiront l'architecture ottomane vers de nouveaux sommets.
La première mosquée construite après sa nomination - la mosquée Haseki Sultán (Haseki Sultán Camii), édifiée pour la favorite de Soliman, la sultane Roxelane - conserve une organisation de l'espace très traditionnelle, ne révélant aucune innovation particulière. Par contre, le projet suivant - la mosquée Mihrimah (Mihrimah Camii) (1540-1548) à Usküdar -, sur lequel il a commencé à travailler immédiatement après Haseki, représente un premier pas en avant puisque, entre autres innovations, il a construit trois demi-dômes entourant le dôme principal.

En résumé, c'est

84 Grandes Mosquées
57 « madrasas » (collège de théologie)
52 « mescit » (petites mosquées sans minaret ou salles de prière)
48 hammams (bains publics et installations thermales)
35 palais et manoirs
22 mausolées ou turbés
20 caravansérails
17 imaret (hospices ou maisons d'accueil pour les déshérités)
8 ponts
7 aqueducs
7 darülkurra (écoles coraniques)
6 magasins
3 hôpitaux
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